Révoltes sociales ou émeutes urbaines : quand les médias refont l’événement

le 24 janvier 2014 de 10h à 17h

Le rapport entre les médias, principalement audiovisuels (mais pas seulement puisqu’on constate un même désaveu vis-à-vis de la presse parlée et écrite) et les banlieues populaires est depuis longtemps décrit comme tendu, au point que les journalistes ne peuvent plus y pratiquer leur métier sans facilitateur(s) (protecteur(s( serait plus juste) sur place (ce que cette profession appelle des « fixeurs »). Pour leurs jeunes habitants, il faudrait d’ailleurs élargir cette catégorie sociale aux personnes plus âgées qui rechignent pareillement à s’exprimer dans les médias, les impératifs de l’information spectacle ou sans nuances ont constamment sacrifié sur l’autel du raccourci et de la mise en scène ce qui s’y vit « réellement ». Quand aux journalistes, ils dénoncent un environnement social qui s’est radicalisé, transformant l’univers des « banlieues » en des lieux dans lesquels faire de l’information peut-être périlleux. D’évidence, il nous semble que le traitement différencié qu’ils ont fait des révoltes sociales dans ces quartiers apparaît comme un des éléments moteurs de cette rupture.

Objectifs

A travers des thématiques différentes (la « banlieue », les « jeunes », les « jeunes femmes », etc.) qui n’en font qu’une finalement, celle qui concerne ce fait social qu’est la révolte des jeunes habitants des quartiers populaires consécutive à un incident qui implique les forces de police, nous questionnerons au fond la lecture qu’en font les médias et les effets de cette lecture idéologisée sur le sens de cette révolte – ils forgent en effet davantage un discours sur la légitimité de ces acteurs dans le champ social que sur sa réelle dimension dans la sphère des luttes sociales. Nous nous demanderons au final en quoi cette relecture de l’événement, plus qu’une interprétation culturelle dominante, n’a eu de cesse de nourrir ces révoltes sociales.

Programme

Matin

  • Ouverture, par Pascal Griset, directeur de l’ISCC
  • Introduction, par Thierry Paquot, philosophe de l’urbain, professeur des universités en délégation à l’ISCC.
  • L’émeute urbaine : un impératif médiatique ? par Hacène Belmessous, chercheur et auteur de nombreux ouvrages, dont Sur la corde raide, le feu de la révolte couve toujours en banlieue (Le Bord de l’Eau 2013)
  • La banlieue du ’20 heures’, par Jérôme Berthaut, sociologue des médias, maître de conférence à l’université de Bourgogne, chercheur associé au laboratoire "Migrations et société", auteur de La banlieue du 20 heures (Agone, 2013)

Pause repas (sur place)

Après-midi

  • Le rôle des journalistes dans la mise sur agenda des problèmes publics au prisme des « banlieues », par Julie Sedel, maître de conférence, IUT Robert Schuman, Université de Strasbourg, chercheure au SAGE (Sociétés, Acteurs, Gouvernement en Europe), auteur de Les médias et la banlieue (Poche BDL 2013)
  • De quoi ’jeune’ est-il le nom ? par Amar Henni, directeur de l’action territoriale à la Grande Borne à Grigny.
  • Dénoncer les inégalités en situation minoritaire, par Nikola Tietze, chercheur au Hamburger Institut fur Sozialforschung, auteur de Imaginierte Gemeinschaft. Zugehörigkeiten und Kritik in der europäischen Einwanderungsgesellschaft (Hamburger Edition 2012).
  • Médias et femmes ’racisées’ : l’exemple de Ni Putes Ni Soumises par Marie Carmen Garcia, professeure de sociologie, Université Paul Sabatier (Toulouse III),
  • « Des mobilisations de femmes en tant que femmes “racisées”, par Marie-Carmen Garcia, Contributrice à Engagements, rebellions et genre dans les quartiers populaires en Europe (1968-2005) sous la direction de Béroud Sophie, Gobille Boris, Hajjat Abdellali, Zancarini-Fournel Michelle, Editions des archives contemporaines, 2011

Structure(s) organisatrice(s)


- Communication

Infos pratiques

Organisateurs :
Hacène Belmessous et Thierry Paquot
En partenariat avec le Réseau Mémoires-Histoires en IDF

Lieu :
Institut des Sciences de la Communication du CNRS
20 rue Berbier-du-Mets
75013 Paris.

Contact :
Hacene BELMESSOUS
hacene.belmessous@wanadoo.fr)ou 06 76 64 49 33

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